Jean-Jacques Maly : « Il faut rouvrir la MJC »

Jean-Jacques Maly : « Il faut rouvrir la MJC »

L’ex-président de la MJC d’Aubagne appelle à voter en faveur de Magali Giovannangeli en souhaitant la réouverture de la MJC « actrice de la vie culturelle, grâce aux artistes, aux amateurs, aux rencontres inoubliables sous le sceau de l’Éducation populaire ».

La MJC d’Aubagne aurait eu 47 ans cette année si Gérard Gazay n’avait pas pris la décision en 2017 de mettre fin à une formidable aventure humaine et artistique. Inaugurée en 1973 par Edmond Garcin, elle a été le jardin artistique, technique et émancipateur de plusieurs générations d’Aubagnais.

Au moment de sa fermeture, cet équipement qui rayonnait bien au-delà du pays d’Aubagne comprenait une salle de spectacle, un studio d’enregistrement, une web radio, une multitude d’ateliers d’expression artistique et technique, de festivals et festivaliers balayés d’un revers de main par un homme capricieux dont les poils se hérissent à la seule évocation de l’Éducation populaire. Rien n’y a fait : ni le combat de ses administrateurs et des professionnels, ni celui des adhérents et du collectif de défense de la Maison des Jeunes et de la Culture n’ont empêché la lente asphyxie financière de ce phare de la Culture made in Aubagne.

La Culture pour tous et par tous comme une nécessité pour bien-vivre ensemble.

Gérard Gazay a sacrifié sur l’autel de sa vanité le seul lieu d’expression des musiques actuelles entre Marseille, Aix-En-Provence et Toulon, un lieu associatif, subventionné par la Région et le Département, labellisé LDMA. Cette dynamique autour des musiques actuelles, qui rayonnait sur toute la région, était saluée par tous et permettait de recueillir des financements importants. La MJC créait du lien social et favorisait les échanges intergénérationnels en considérant la Culture pour tous et par tous comme une nécessité pour bien-vivre ensemble.

À l’Escale des professionnels se sont formés, des vocations sont nées et un nombre considérable de talents s’y sont révélés. Tout ce patrimoine, tout ce savoir-faire, toute cette histoire ont été gommés d’un trait revanchard et partisan comme l’ont été les arts de la rue, le festival d’Art Singulier ou encore la fête de la Paix. Quant au festival Grains de Sel, il n’est plus que la pâle copie de ce qu’il était.

À Aubagne, l’appauvrissement de la Culture est antérieur au 12 mars

En première ligne dans le combat pour sauver la MJC, son ex-président Jean-Jacques Maly avait été la cible en 2017 de l’élu à la Culture dans une tribune AJJ où il s’était vu reproché son passé d’ancien responsable syndical de la Ville d’Aubagne.

« La bêtise abyssale de tels propos pourraient faire sourire s’ils n’étaient pas dangereux dans la vision qu’a l’adjoint de la vie démocratique, dont le syndicalisme fait partie, inscrit qu’il est dans la Constitution de la République » avait répondu le président démocratiquement élu par ses pairs. Et d’ironiser : « Au-delà de son président, ce sont tous les administrateurs de la MJC qui sont visés, à la botte sans doute d’on ne sait quel complot marxiste. Et au-delà des administrateurs, ce sont tous les adhérents et les pratiquants de la MJC, naïfs égarés qui ne voient pas la pieuvre rouge qui s’apprête à les engloutir… ».

Personne ne peut dire si la MJC renaîtra de ses cendres mais souvenons-nous qu’elle a joué un rôle irremplaçable dans la vie d’un grand nombre d’Aubagnaises et d’Aubagnais. Pour celui qui présida le Conseil d’administration de la Maison des Jeunes et de la Culture « une évidence est apparue pendant le confinement : la Culture, absente, nous manquait. Sans livres, sans films, sans musique, sans spectacle vivant, cet oxygène de l’esprit faisait défaut ». Mais cette sensation désagréable ne date pas d’hier « À Aubagne, cet appauvrissement est bien antérieur au 12 mars : il remonte à l’élection de Gérard Gazay. MJC, Journées du Livre, Arts de la rue, ont disparu ou ont été dénaturés » déplore l’ancien président qui souhaite que la Culture aujourd’hui sinistrée trouve un nouveau souffle.

« Demain, écrit-il dans un message de soutien à la candidature de Magali Giovannangeli, il faut raviver les Journées du Livre et regagner le label Ville Lecture. Il faut redonner vie aux places et aux parvis d’Aubagne, il faut ranimer les Maisons de Quartier et soutenir l’action du Cercle de l’Harmonie ».