Lettre à Alexia et Marie

Lettre à Alexia et Marie

Alors que chaque soir à 20h résonne le chœur des Français solidaires avec les personnels en première ligne dans la lutte contre l’épidémie, quelques tristes individus sont seulement préoccupés à trouver une excuse à leur lâcheté. Ancien chef de corps de La Ciotat puis d’Aubagne, le Colonel des pompiers Jean-Pierre Squillari nous livre un témoignage.

Alexia et Marie sont deux sœurs qui ont décidé de se mettre au service de ceux qui ont besoin d’assistance. L’une est auxiliaire de puériculture, l’autre travaille dans une clinique à Aubagne. Alexia, pour faire bonne mesure est également sapeur-pompier volontaire au centre de secours d’Aubagne où elle participe aux nombreuses interventions. Elle prend des gardes à l’état-major au CODIS 13.

Ce sont des personnes qui appréciaient, jusqu’il y a peu de temps, la gratitude des citoyens qui, à vingt heures, applaudissent sur leurs balcons ou fenêtres en reconnaissance du travail accompli par celles et ceux qui se dépensent sans compter au risque d’être contaminés.

Elles appréciaient mais ont changé d’avis depuis, car il y a quelques jours, des personnes courageuses et intrépides ont collé, sur leur porte d’entrée, un petit mot leur conseillant de demander à leur employeur de leur trouver un autre appartement, la vie et la santé des autres locataires étant en danger, nos deux jeunes filles pouvant ramener « le poison » dans la cage d’escalier.

D’abord surprises et interloquées, elles ont décidé de frapper à toutes les portes pour demander des explications. Bien entendu, jamais au grand jamais il ne nous serait venu à l’idée de prendre une telle initiative, regardez, le soir nous applaudissons sur le balcon.

Cela me fait songer aux bons Français d’il y a soixante ans…

 Heureusement que la grande famille de la santé, qui se bat depuis des années pour avoir des moyens supplémentaires, pour que l’on ne ferme pas les lits en réanimation, pour que l’on remplace au minimum le personnel qui part à la retraite les a soutenues. Heureusement qu’Alexia a eu le soutien moral de ses camarades.

Heureusement que les sapeurs-pompiers et ceux d’Aubagne en particulier ont aussi fait preuve de solidarité, son chef de service l’ayant immédiatement appelée pour la soutenir. Heureusement que de nombreux appels anonymes ont conforté Alexia et Marie dans leur engagement. Beaucoup d’encouragements, mais il eut été de bon ton que monsieur Gazay, le maire de la ville que défend Alexia, vienne se joindre à ces témoignages. Il faudra encore un peu attendre… La veille des élections municipales, peut-être ?

Jean-Pierre SQUILLARI, Colonel des Pompiers et candidat sur la liste « Rassemblé·e·s pour Aubagne »