Des fenêtres ouvertes sur les autres

Des fenêtres ouvertes sur les autres

« Nous sommes en guerre » a martelé Macron, en guerre contre un ennemi invisible. Si nous sommes en guerre, alors nos fantassins sont les infirmières, les aides-soignantes ; notre cavalerie : nos médecins ; notre artillerie : nos services de réanimation. Sans oublier l’ensemble du personnel hospitalier sans qui rien ne pourrait fonctionner.

La liste est longue de celles et ceux qui, chaque jour, visibles et invisibles, sont à la manœuvre pour que le cœur de la nation ne cesse jamais de battre, qu’ils soient agents des services publics, policiers et gendarmes, éboueurs, cheminots, chauffeurs routiers,personnels des crèches et des écoles qui s’occupent des enfants des soignants ou encore employés de la grande distribution. Chacun d’entre nous aura une pensée pour un corps de métier particulier.

Dans l’épreuve, les Français sont inventifs. Une inventivité mise au service d’une solidarité qui s’échange des balcons aux fenêtres ouvertes sur les autres, entre voisins ou entre amis, et qui resserre les liens familiaux. Cette force vitale irrigue le corps social plus que ne pourrait le faire le Covid-19. Mais il faut que nous soyons toutes et tous prudents en respectant les consignes afin que cette bataille pour stopper la pandémie soit aussi la nôtre. Même les héros ont parfois besoin de soutien et nous le devons à celles et ceux qui sont en première ligne.

L’urgence est à assurer la santé des salariés, pas à saccager leurs droits!

Ce sont d’abord les services publics, notamment celui de la santé dont les conditions de travail épouvantables dégradent la qualité de la prise en charge. La crise sanitaire passée, notre président devra rendre des comptes sur sa gestion de cette crise. Son gouvernement a supprimé ces deux dernières années 4418 lits d’hospitalisation et il n’a prêté aucune attention aux revendications des blouses blanches. Les remerciements d’Emmanuel Macron n’auront de sens aux oreilles des personnels de santé qu’à la condition d’être suivis de mesures concrètes en matière de financements nécessaires et de prise en compte des revendications qu’ils portent depuis plusieurs mois afin d’améliorer notre système de santé et de protection sociale. Nous pouvons compter sur le personnel soignant mais peut-on encore compter sur notre président ?

Pour l’instant, l’heure est à l’unité nationale. Et si pour certains d’entre nous le temps semble parfois s’arrêter, il n’en est pas de même pour celles et ceux qui combattent la pandémie et dont il faut saluer le courage et le sens civique comme pour celles et ceux qui mettent de l’huile dans les rouages de la société. Nous condamnons le gouvernement qui, sous couvert d’état d’urgence, s’empresse de déréglementer le Code du travail et le statut général de la fonction publique fragilisant davantage les salariés. Aucune nécessité ne saurait justifier les mesures régressives du projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire visant à lutter contre le Covid-19.

La situation inédite créée par cette pandémie nous oblige à repenser notre rapport aux autres et au monde.

Nous affirmons que les services publics sont la colonne vertébrale de l’intervention publique. Ils sont notre bien commun. Ici, à Aubagne, nous avons été aux côtés du personnel de l’Hôpital Edmond-Garcin mobilisé pour empêcher le transfert du service de réanimation vers le secteur privé et nous redisons notre volonté de préserver et de développer ce service, le seul entre Toulon et Marseille au sein de l’Hôpital public. Nous saluons de la même manière les bénévoles qui accomplissent un travail formidable pour soutenir les plus vulnérables. 

Cette crise rappelle surtout qu’une société étant une entité collective, elle ne fonctionne pas sans des constructions collectives. On appelle ça usuellement des services publics. Nous n’avons eu de cesse de répéter pendant la campagne municipale, aujourd’hui entre parenthèses, que rien ne serait possible sans l’investissement, la réflexion et l’adhésion des femmes et des hommes du service public communal. Demain, répondre aux demandes et aux exigences fortes des Aubagnais·e·s supposera de s’appuyer sur des services publics de qualité et dotés d’une forte réactivité. C’est là un des enseignements à tirer d’une crise sanitaire qui impose nécessairement de rebattre les cartes pour une société apaisée, citoyenne et solidaire.